Ce jeudi, cinquième jour de course de la 14e Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, la flotte des Class40 est littéralement éclatée sur l’Atlantique puisque plus de 130 milles en latéral séparent désormais les concurrents les plus au sud et les plus à l’ouest.

Ce matin, l’avantage au pointage est donné au duo Kito de Pavant – Achille Nebout, plus proches de la route directe, mais les tandems Aymeric Chappellier – Pierre Leboucher et Fabien Delahaye – Sam Goodchild devraient profiter de davantage de pression que leurs adversaires dans les prochaines 24 heures, et d’un meilleur angle de descente ensuite. Il y a donc fort à parier que d’ici à ce week-end, ils se replacent aux commandes de la flotte.

En ce qui les concerne, Florian Gueguen et Raphaël Auffret, qui évoluent actuellement au large du cap Finisterre en 22e position, continuent de gérer leur course tout en jouant les cartes de la prudence et de la sécurité, sans perdre de vue leur objectif de finir la course avec une machine en bon état.

« Lors des premiers jours, on a fait attention de préserver le bateau et les bonhommes et on garde cette même ligne de conduite. Ainsi, après étude de la météo, on met le cap vers le sud-ouest pour éviter la dépression qui se trouve à l’ouest », explique le skipper du Class40 Equipe Voile Parkinson qui gère parfaitement sa trajectoire, et reste bien dans le match avec les bateaux de la même génération que le sien tels que Kerhis de Pierre-Antoine Tesson et Paul Gallet et Up Sailing, unis pour la planète de Morgane Ursault-Poupon et Rémi Lhotellier qui se trouvent dans un rayon d’une quinzaine de milles par rapport à lui. Reste que le Cancalais doit malgré tout gérer quelques petits pépins techniques. « Dans la nuit de mardi à mercredi, l’axe qui tient l’hydrogénérateur s’est tordu, entraînant la perte de son support. Nous avons quand même réussi à récupérer l’appareil (qui leur permet de produire de l’électricité, ndlr), mais il reste inutilisable pour le moment », a détaillé le skipper, par ailleurs confronté à un problème d’axe de vit-de-mulet (articulation pivotante du mât). « Nous étions entrain de faire un check complet du bateau hier matin et nous avons constaté qu’il était en train de se faire la malle. Nous avons affalé sur le champ la grand-voile tout en soutenant la bôme avec les drisses pour remettre l’axe en place et le sécuriser », a précisé Florian qui ne se laisse donc pas démonter. « On attaque cette nouvelle journée reposés et en forme », a ajouté le jeune marin qui n’est par ailleurs pas mécontent de retrouver du soleil pour faire sécher le bateau et recharger les batteries, même si c’est au près dans des conditions de vent instables, à la fois en force et en direction, que sa progression va se poursuivre pendant au moins encore 36 heures.