Ce vendredi, alors qu’ils évoluent à mi-chemin entre les Canaries et le Cap Vert et viennent tout juste de franchir le Tropique du Cancer, Florian Gueguen et Raphaël Auffret tentent de se frayer le meilleur chemin possible entre les grains dans une zone où le vent forcit progressivement et va même devenir franchement tonique, si l’on en croit les derniers fichiers.

Les deux Cancalais devraient, en effet, affronter un flux de nord-est supérieur à 30 nœuds dans les prochaines 24 heures. En attendant, ils tentent de gagner au plus vite sur le sud, puis commencent d’ores et déjà à observer le Pot-au-Noir, ce fameux marasme dans lequel les leaders de la flotte des Class40 de la 14Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre sont entrés la nuit dernière. « Le Pot-au-Noir, c’est un peu notre étape de montagne à nous, pour ceux qui suivent le vélo. On espère qu’il ne laissera pas la porte ouverte à nos concurrents et représentera pour nous une occasion de les rattraper plus facilement. Cette zone de convergence des vents peut réellement rebattre les cartes et de notre côté, on peut tout à fait profiter d’un ralentissement de la flotte pour réussir à dépasser nos concurrents les plus proches, ce qui ne nous déplairait évidemment pas », ont commenté les deux co-skippers d’Equipe Voile Parkinson qui occupent, pour l’heure, la 22e place au pointage, et cumulent 77 milles de retard sur leur adversaire le plus proche. Finalement pas grand-chose quand on sait que chez les IMOCA, le duo Jérémie Beyou – Christopher Pratt qui était entré en tête dans cette nasse avec près de 100 milles d’avance, en est ressorti aujourd’hui avec près de 300 de retard sur le nouveau leader ! « Ce sera une première pour tous les deux, et nous partageons les mêmes sentiments envers ce passage mythique. Un mélange d’excitation et d’appréhension qui nous projette déjà vers le milieu de semaine prochaine, période à laquelle nous entrerons dans le ring. Nous avons déjà eu un avant-goût de la pétole après notre escale à Madère, et nous sommes à l’aise avec les changements rapides de voiles. Le mot d’ordre sera « anticipation », pour ne pas prendre de risque inutile si proche du but », ont terminé Florian et Raphaël dont l’objectif principal reste d’arriver au Brésil.