Ce jeudi, à 13h24 (heure française), Florian Gueguen et Raphaël Auffret ont franchi la ligne d’arrivée de la 14e Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, bouclant ainsi les 4 350 milles du parcours en 21e position dans la catégorie des Class40, après un peu plus de 25 jours de mer. Le contrat est donc rempli pour les deux co-skippers d’Equipe Voile Parkinson qui avaient pour principaux objectifs de rallier le Brésil et d’engranger un maximum d’expérience. Et quelle expérience ! Une sortie de Manche express, beaucoup de près, un Pot-au-Noir redoutable, des alizés pas toujours bien établis et même des petits pépins techniques auxquels il a fallu trouver des solutions… Les deux Cancalais, qui sont un peu passés par toutes les couleurs pendant leur course, ont tout donné et fait au mieux avec leurs moyens.

« On arrive un peu sonné car on n’a quasiment pas dormi lors des dernières 24 heures à cause des conditions. Un coup c’était fort et un coup il n’y avait plus rien, avec des bascules montreuses allant jusqu’à 50°. On a manœuvré constamment et pour couronner le tout, le vent est complètement tombé à 20 milles de la marque située à l’entrée de la baie de Salvador de Bahia. On savait qu’on aurait de la molle pour finir, mais ça a quand même fini de nous achever », a commenté Florian Gueguen, à la fois soulagé et heureux d’arriver. Fier aussi d’avoir réussi à boucler le parcours de cette fameuse Transat Jacques Vabre réputé exigeant. « Grosso modo, en dehors de la météo et hormis notre souci d’hydro-générateur, qui n’était cependant pas un problème majeur, on n’a pas eu beaucoup de soucis sur le bateau. On a réussi notre pari d’aller au bout et au final, on a fait une belle traversée en faisant du mieux qu’on pouvait, avec le bateau qu’on avait », a ajouté le skipper d’Equipe Voile Parkinson qui a naturellement engrangé énormément d’expérience lors de ces trois dernières semaines.

Une aventure riche et des souvenirs uniques

« J’ai vu et appris beaucoup de choses. Cette Jacques Vabre a été riche et elle restera pleine de souvenirs que Raphaël comme moi, on n’oubliera jamais. C’était déjà une grosse satisfaction d’être au départ et c’est évidemment quelque chose de vraiment génial d’être à l’arrivée. Après mon abandon sur la Route du Rhum l’an dernier, être contraint de jeter l’éponge à cause d’une avarie était clairement ce que je redoutais le plus », a commenté Florian qui a réussi à placer le curseur au bon endroit pour préserver au mieux sa monture, mais également à déjouer le gros des pièges de l’épreuve, même si la fameuse zone de convergence intertropicale ne l’a franchement pas épargné. « Ce que j’ai trouvé le plus dur sur cette transat, c’est vraiment la pétole. Psychologiquement, le fait de voir les autres avancer pendant que toi, tu restes encalminé et dans l’incompréhension, c’est vraiment dur. Avant, je préférais les petits airs mais aujourd’hui, je peux dire que je suis plus à l’aise dans une baston bien maîtrisée », a détaillé l’ex Capitaine de la bisquine La Cancalaise. Même son de cloche ou presque du côté de son acolyte. « Le Pot-au-Noir m’a sapé le moral de nombreuses fois et j’avoue que le fait de vivre dans un ascenseur émotionnel en permanence pendant quatre jours a parfois été dur à gérer », a indiqué Raphaël qui a, lui aussi, vécu l’expérience intensément et qui en tirera de nombreuses leçons. « Je reste effectivement content de ce qui a été fait et de l’aventure qui a été menée. L’expérience a été positive à 2000% », a terminé le Cancalais.